les 4, 5 & 6 juin 2019

Les Juré.e.s

mardi 4 juinthéâtre des Îlets20h30
mercredi 5 juinthéâtre des Îlets20h30
jeudi 6 juinthéâtre des Îlets19h30
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À la suite des attentats de Charlie Hebdo, Marion Aubert et Marion Guerrero nous invitent à interroger les limites et les contradictions de la liberté d’expression. Que pouvons-nous dire publiquement ? Comment le dire ? Quelles sont les limites que nous nous fixons ? À partir de trois procès historiques et d’une équipe de complices trublions, tente de s’inventer sous nos yeux le procès imaginaire et contemporain d’une œuvre collective brûlante… Ce qui se joue là est une mise en jeu, intime et collective, de la recherche d’un jugement « objectif », avec une drôlerie subversive qui ne fait que révéler la complexité et la gravité du propos.

Dans un pays en état de choc, saisie par les « événements » une troupe d’acteurs décide de se mettre au travail, et de questionner la « liberté d’expression ». « De quoi on parle ? De qui ? De quoi, et de qui rit-on ? » Les questions se bousculent. Pour tenter de comprendre ce qu’ils vivent, les acteurs naviguent entre la table et le plateau. Au plateau, ils cherchent le matériau de leur future pièce (le procès d’une œuvre condamnée pour avoir dépassé les « limites admissibles » de la liberté d’expression.) Ainsi les voit-on improviser l’œuvre elle-même, et des moments du procès. Et à la table, ils interrogent leur travail. La question du jugement est au cœur de leurs préoccupations. Jugement sur l’œuvre elle-même, mais aussi, très vite, sur les comportements, actes et paroles des un.e.s et des autres. Des tensions sourdent dans la troupe. Où sont les censeurs ? Comment être libre quand on est sans cesse jugé.e.s, stigmatisé.e.s ? Comment être libre quand, sans cesse, on s’auto-juge ? Et comment être un.e artiste quand la liberté des un.e.s meurtrit ce qui justement constitue les autres ? Faut-il perdre ce qui nous constitue ? Se défaire ? La conscience de nos limites peut-elle nous restituer une liberté ? Les juré.e.s parlent, je crois, de la difficulté de lâcher ce à quoi nous tenons, de nos doutes, nos lâchetés… et nos terreurs. La pièce ne cesse de se construire, et de s’autominer. D’œuvrer, et de désœuvré. Elle est encore en voie de composition, et de décomposition.

Qui serions-nous en cas de catastrophe ? Et maintenant, aujourd’hui, qui sommes-nous ? Acteurs ? Personnages ? Caricatures ?

mise en scène Marion Guerrero • assistante à la mise en scène Marion Aubert • scénographie Alice Duchange • construction décor Gabriel Burnod (ateliers Les Constructeurs) • costumes Marie-Frédérique Fillion • création lumière Olivier Modol • création sonore Antonin Clair • régie plateau Mathieu Zabé • avec Stéphan Castang, Capucine Ducastelle, Gaëtan Guérin,  Élisabeth Hölzle & Laurent Robert

crédit photographique : Jean-Louis Fernandez

production Cie Tire pas la Nappe • co-production La Comédie de Saint-Étienne – CDN, théâtre des Îlets – CDN de Montluçon – région Auvergne-Rhône-Alpes, Théâtre de la Manufacture – CDN de Nancy • avec le soutien de La Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon – Centre national des écritures du spectacle, du CDN de Montpellier et de la SPEDIDAM