David Hare

réalisateur, scénariste, producteur, metteur en scène

Né dans le Sussex en 1947, il suit des études à Cambridge puis fonde une troupe de théâtre à 21 ans. En 1970, il écrit sa première pièce Slag qui lui vaut l’Evening Standard Drama Award for Most Promising Playwright.

Après la génération de John Osborne et d’Arnold Wesker, il a repris le flambeau dans les années soixante-dix, avec des pièces qui dénonçaient la corruption par le pouvoir et l’argent. Il co-fonde la compagnie Portable Theatre pour soulever d’autres lièvres. Il participe en 1974 à la création du Joint Stock Theatre. Après quelques années, il commence à écrire pour les grands théâtres nationaux et développe un théâtre politique populaire. Ses personnages prennent plus d’importance et c’est à travers eux – ou elles, car ce sont souvent des femmes idéalistes – que David Hare met le doigt sur la perte des idéaux, les dérives morales ou politiques. Ses trois cibles favorites restent l’Église anglicane, la justice et le parti travailliste.
En 1982, David Hare fonde Greenpoint Films. Le premier des 6 films qu’il a écrits et réalisés, Wetherby, a obtenu l’Ours d’Or au Festival de Berlin en 1985. Il est également scénariste de films tels que The Hour, (2003) et The Reader (2009), pour lequel il a été nominé aux Oscars.
De 1984 à 1987, il est directeur-adjoint au National Theatre de Londres. Ses pièces y ont pour la plupart été créées, et notamment Skylight (1995), Amy’s view (1997), The Juda’s Kiss (1998) et Mon lit en zinc (2000). Ses pièces sont régulièrement montées à Paris. Le public français l’a découvert en 1998 avec Skylight que le Théâtre de Grasse a programmé en 1999.
Bien qu’anobli par la Reine d’Angleterre en 1998, David Hare n’en est pas moins le fer de lance d’un théâtre politiquement incorrect.
De son périple en Israël et dans les territoires palestiniens, il rapporte Via Dolorosa (1998), un monologue engagé qu’il a lui-même interprété. Pour fustiger l’engagement de son pays et la posture de l’Occident dans la guerre d’Irak, il écrit Stuff Happens (2004) puis l’Heure Verticale (2007). Stuff Happens a été créée en octobre 2004 au National Theater de Londres, puis reprise à Los Angeles (Mark Taper Forum, juin 2005). Elle était à l’affiche du Public Theater de New York d’avril à juin 2006.
En novembre 2008, sa dernière pièce — Gethsemane — était à l’affiche du National Theatre. Elle traite directement d’une récente affaire de collusion et de conflit d’intérêt qui a impliqué le parti travailliste.

L’œuvre de David Hare développe un théâtre politique et populaire. Ses pièces dénoncent souvent la corruption par le pouvoir et l’argent, ou les dérives du système social anglais. David Hare s’inscrit dans la grande tradition d’un théâtre anglais « réaliste » qui met tout l’accent sur le portrait des femmes et des hommes dont le sort et le destin nous sont à première vue familiers. Il promène un regard caustique sur l’art les médias, les mœurs sociales et politiques de son temps. Il se considère d’ailleurs comme « un commentateur des maux du capitalisme moderne ».

Le Rideau de Bruxelles a créé en français Skylight, Les Cahiers de Amy Thomas, Mon lit en zinc, La Chambre bleue dans des mises en scène d’Adrian Brine pour les trois premières et de Thierry Debroux pour la dernière. Il vient de terminer l’adaptation pour le cinéma du livre Les Corrections de Jonathan Franzen.
Le théâtre reste pourtant son terrain favori. « Les mots ne peuvent être testés que lorsqu’ils sont dits. Les idées ne peuvent être mises à l’épreuve qu’en situation. Voilà pourquoi le théâtre est la cour de justice la plus efficace dont dispose la société. »
David Hare préfère prendre le risque de l’outrage plutôt que celui de la complaisance. Sa force est son talent de polémiste, jamais doctrinaire, au contraire, il fustige les préjugés et les stéréotypes.

En création

L’Absence de guerre

mardi 2 avrilthéâtre des Îlets20h30
mercredi 3 avrilthéâtre des Îlets20h30
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